Poèmes, récitations,comptines de notre enfance. Bons ou mauvais souvenirs ?
Les bois épais, les sirtes mornes, nues, Mêlent leurs bords dans les ombres chenues. En scintillant dans le zénith d'azur, On voit percer l'étoile solitaire : A l'occident, séparé de la terre, L'écueil blanchit sous un horizon pur, Tandis qu'au nord,...
Démons et merveilles Vents et marées Au loin déjà la mer s'est retirée Et toi Comme une algue doucement caressée par le vent Dans les sables du lit tu remues en rêvant Démons et merveilles Vents et marées Au loin déjà la mer s'est retirée Mais dans tes...
C'est la fenaison ; personne ne chôme. Dès qu'on voit du jour poindre les blancheurs, En groupes épars, les rudes faucheurs Vont couper le foin au sauvage arome. Au bord des ruisseaux, d'indolents pêcheurs Des saules pensifs dorment sous le dôme ; Et,...
La barque glisse. Un vieux passeur Rame, en agitant l’épaisseur D’une eau qu’on sent pleine de drames. Les rames plongent dans ce noir, Puis se dressent dans l’or du soir, Et de l’or aussi pleut des rames. Le passeur peine toujours plus ; Mais c’est l’instant...
e qui est beau, c'est un visage Ce qui est beau, c'est l'amitié Une robe qui s'en va un peu plus loin et volage Laisse autour d'elle les oiseaux gazouiller. Ce qui est beau, c'est le passage De la brume à l'aurore et du cep au raisin Ce qui est beau,...
Au milieu des chaleurs de Juillet l'alteré, Du nom de Marguerite une feste est chomee, Une feste à bon droit de moy tant estimee : Car de ce jour tout l'an ce me semble est paré. Ce beau et riche nom, ce nom vrayment doré, C'est le nom bienheureux dont...
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage. Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ? Repartit l'animal léger. Ma commère, il vous faut purger...
Le violon, d'un chant très profond de tristesse, Remplit la douce nuit, se mêle aux sons des cors, Les sylphes vont pleurant comme une âme en détresse, Et les coeurs des arbres ont des plaintes de morts. Le souffle du Veillant anime chaque feuille ; Aux...
S'il était le plus laid De tous les chiens du monde, Je l'aimerais encore A cause de ses yeux. Si j'étais le plus laid De tous les vieux du monde, L'amour luirait encore Dans le fond de ses yeux. Et nous serions tous deux Lui si laid, moi si vieux, Un...
Nous allions au verger cueillir des bigarreaux. Avec ses beaux bras blancs en marbre de Paros Elle montait dans l'arbre et courbait une branche ; Les feuilles frissonnaient au vent ; sa gorge blanche, O Virgile, ondoyait dans l'ombre et le soleil ; Ses...
Mélancolique mer que je ne connais pas, Tu vas m'envelopper dans ta brume légère Sur ton sable mouillé je marquerai mes pas, Et j'oublierai soudain et la ville et la terre. Ô mer, ô tristes flots, saurez-vous, dans vos bruits Qui viendront expirer sur...
Un groupe tout à l'heure était là sur la grève, Regardant quelque chose à terre. - Un chien qui crève ! M'ont crié des enfants ; voilà tout ce que c'est. - Et j'ai vu sous leurs pieds un vieux chien qui gisait. L'océan lui jetait l'écume de ses lames....
Pu isque là-bas s'entr'ouvre une porte vermeille, Puisque l'aube blanchit le bord de l'horizon, Pareille au serviteur qui le premier s'éveille Et, sa lampe à la main, marche dans la maison, Puisqu'un blême rayon argente la fontaine, Puisqu'à travers les...
Déjà les beaux jours, - la poussière, Un ciel d’azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; - Et rien de vert : - à peine encore Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux noirs ! Ce beau temps me pèse et m’ennuie. - Ce n’est...
Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève, Éveillé par l'aurore, ou par la fin d'un rêve, Ou par un doux oiseau qui chante, ou par le vent. Et vite je me mets au travail, même avant Les pauvres ouvriers qui près de moi demeurent. La nuit s'en va....
enez à moi, claquepatins, Loqueteux, joueurs de musettes, Clampins, loupeurs, voyous, catins, Et marmousets, et marmousettes, Tas de traîne-cul-les-housettes, Race d'indépendants fougueux ! Je suis du pays dont vous êtes : Le poète est le Roi des Gueux....
Une Grenouille vit un Boeuf Qui lui sembla de belle taille. Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf, Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille, Pour égaler l'animal en grosseur, Disant : "Regardez bien, ma soeur ; Est-ce assez ? dites-moi...
Sommeil, fils de la Nuit, doux repos de notre âme, Qui fait ma belle Nymphe en son lit reposer, Puisque ton charme peut son esprit amuser, Plonge dans l'eau d'oubli le courroux qui l'enflamme. Fais-lui voir en dormant le regret qui me ronge, La portant...
Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Tous deux adoraient la belle Prisonnière des soldats Lequel montait à l'échelle Et lequel guettait en bas Celui qui croyait au ciel Celui qui n'y croyait pas Qu'importe comment s'appelle Cette clarté...
ombien faut-il de fois secouer mes grelots Et baiser ton front bas, morne caricature ? Pour piquer dans le but, de mystique nature, Combien, ô mon carquois, perdre de javelots ? Nous userons notre âme en de subtils complots, Et nous démolirons mainte...
Vagues d'argent et beau ciel clair Le flot sur les grèves se vide. Les cinq pêcheurs équestres de Coxyde Pèchent nonchalamment, sur le bord de la mer. Dans les lueurs et dans les moires Des vagues pâles, passent, Allant, venant, Leurs silhouettes noires...
Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ? Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un coeur qui s'ennuie, Ô le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce coeur qui...
Les sept jours frappent à la porte. Chacun d'eux vous dit : lève-toi. Soufflant le chaud, soufflant le froid, Soufflant des temps de toute sorte Quatre saisons et leur escorte Se partagent les douze mois. Au bout de l'an, le vieux portier Ouvre toute...
Mousse : il est donc marin, ton père ?... - Pêcheur. Perdu depuis longtemps. En découchant d’avec ma mère, Il a couché dans les brisants... Maman lui garde au cimetière Une tombe - et rien dedans - C’est moi son mari sur la terre, Pour gagner du pain...
ature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales Siciliennes, ni les pompes aurorales, Ni la solennité dolente des couchants. Je ris de l'Art, je ris de l'Homme aussi, des chants, Des vers, des temples grecs et...